Impossible avec une banane du commerce ! Les bananes vendues en magasin n’ont pas de graines viables. Il faut utiliser les rejets qui poussent au pied de la plante mère. C’est comme ça que je multiplie mes bananiers depuis des années.

Ça fait bien 15 ans que je cultive des bananiers chez moi. Au début, comme beaucoup, j’ai essayé de planter des bananes… Échec total ! Puis j’ai compris le truc.

Pourquoi ça marche pas avec les bananes du supermarché

Les bananes qu’on mange tous les jours, c’est du Cavendish. Ces variétés ont été sélectionnées pour ne pas avoir de graines. Pratique pour croquer, mais impossible pour semer. Si vous regardez bien votre banane, vous verrez parfois des petits points noirs. Ce sont des graines avortées, complètement inutiles. J’en ai semé des dizaines dans ma jeunesse… Rien du tout ! Les bananes commerciales sont stériles. Point final.

Ma méthode : les rejets, ça marche à tous les coups

Un bananier, ça fait naturellement des petites pousses à sa base. On appelle ça des rejets, des drageons, des œilletons… Peu importe le nom, c’est ça qu’il faut récupérer. Dans mon jardin, j’ai commencé avec un seul pied acheté en jardinerie. Maintenant j’en ai une dizaine, tous issus du premier !

Quand prélever les rejets

Je laisse mes rejets grandir jusqu’à 40-50 cm minimum. En dessous, c’est trop fragile. Au-dessus de 80 cm, c’est plus dur à manipuler. Le bon rejet ? Il a des feuilles bien formées et un petit « tronc » bien costaud. Pas ces trucs tout fins qui sortent parfois.

Comment je les détache

Alors là, faut y aller franco mais proprement :

Je dégage la terre autour du rejet. Pas besoin d’en mettre partout, juste assez pour voir la connexion avec la plante mère. Coup de bêche bien net ! Je garde toujours un bout du rhizome avec des racines. Sans ça, le rejet va crever. Je taille les feuilles. Je garde juste le cœur et quelques centimètres de tiges. Ça évite que la plante se dessèche.

Mon truc en plus : je laisse sécher la coupe 24h à l’ombre avant de replanter. Ça cicatrise mieux.

La division du rhizome, pour les plus expérimentés

Le rhizome, c’est cette grosse racine charnue sous terre. On peut la découper en morceaux, à condition que chaque bout ait des « yeux » (les bourgeons dormants). Je fais ça sur mes vieux bananiers de plus de 3 ans. Mais attention, c’est plus risqué que les rejets ! J’attends l’automne quand la sève descend. Je déterre, je coupe net avec un couteau désinfecté, et je plante tout de suite. Chaque morceau doit faire au moins 15 cm avec 2-3 bourgeons visibles.

Mes conditions de culture qui marchent

Mes bananiers sont en pot depuis le début. Comme ça, je peux les rentrer l’hiver. Dans ma région lyonnaise, c’est obligé !

L’exposition

Plein soleil, au moins 8h par jour. Mes pots sont face au sud, contre le mur de la maison. Ça emmagasine la chaleur. Température mini : 15°C la nuit. En dessous, ça souffre. Idéal entre 22 et 28°C.

Mon substrat maison

Là, j’ai ma recette :

  • 40% terreau de bonne qualité
  • 30% compost bien mûr
  • 20% terre du jardin
  • 10% sable grossier

Ça draine bien mais ça garde l’humidité. Le drainage, c’est vital ! Un bananier qui a les pieds dans l’eau, il meurt. Je mets toujours des billes d’argile au fond du pot.

Arrosage et engrais

L’été, j’arrose tous les 2 jours. Je vérifie avec le doigt : si c’est sec sur 3 cm, j’arrose. L’hiver, une fois par semaine suffit largement.

Pour l’engrais, je donne de l’engrais liquide toutes les 3 semaines au printemps-été. Riche en potassium, c’est important pour la solidité.

L’hivernage, le point critique

C’est là que ça se joue ! Mes bananiers rentrent fin septembre dans ma véranda. Lumineux mais pas chauffé. J’arrose très peu l’hiver. Juste pour éviter que ça se dessèche complètement.

Pour ceux qui ont un Musa basjoo en pleine terre

C’est la seule variété vraiment rustique chez nous. Mais même lui, il faut le protéger ! Fin octobre, je coupe tout à 50 cm du sol. J’entoure le « tronc » avec un épais tas de feuilles mortes, maintenu par du grillage. Par-dessus, une bâche qui laisse respirer mais qui protège de la pluie. Ça m’a permis de passer des hivers à -12°C sans perdre mes plants.

Ce qu’il faut retenir

Oubliez les bananes du commerce pour faire pousser un bananier. Ça ne marche pas.

Les rejets, c’est la solution. C’est naturel, c’est comme ça que ça se passe dans la nature.

Patience ! Un rejet met 2 ans pour faire un beau bananier. Mais après, vous aurez des rejets tous les ans.

Et surtout, protégez bien l’hiver. C’est là que j’ai perdu mes premiers essais.

Maintenant, mes bananiers font partie du paysage. Effet garanti sur les visiteurs !