À quelle période intervenir sur un cerisier qui dépasse ?
Juillet-août, c’est le moment idéal pour s’attaquer à un cerisier devenu trop grand. Oubliez la taille d’hiver qu’on recommande partout ! Après quinze ans à m’occuper de mes arbres fruitiers en Côte-d’Or, je ne jure plus que par cette période.
Mon gros bigarreau près de la remise faisait 8 mètres quand j’ai décidé d’agir. Les voisins trouvaient ça dommage de « massacrer un si bel arbre ». Pourtant aujourd’hui, à 5 mètres de haut, il produit deux fois plus de cerises qu’avant et je peux enfin les cueillir sans échelle !
La différence avec l’hiver ? La sève monte, l’arbre cicatrise vite. Fini les écoulements de gomme qui pourrissent tout.
Mes erreurs de débutante (et comment les éviter)
Il y a vingt ans, je taillais mes cerisiers en février comme tout le monde. Résultat : mon plus beau guignier, planté par mon grand-père, s’est mis à dépérir. Des chancres partout, de la gomme qui coulait le long du tronc… Il a fini par mourir au bout de trois ans.
Depuis, j’ai compris que ces arbres détestent qu’on les taille quand ils dorment.
L’automne, c’est encore pire ! La sève descend, les plaies restent béantes tout l’hiver. Les champignons adorent ça.
Comment je procède maintenant
D’abord, je ne fais jamais tout d’un coup. Trop risqué.
Première année, fin juillet après la récolte : j’enlève ce qui me gêne vraiment. Les grosses branches qui montent droit vers le ciel, celles qui partent n’importe comment. Je vise une réduction d’un tiers maximum.
Mon cerisier de 8 mètres ? Je l’ai ramené à 6 mètres la première fois. Ça paraît timide, mais il faut y aller doucement.
L’année suivante, même période : je peaufine. J’équilibre la silhouette, je supprime les gourmands qui ont poussé (il y en a toujours après une taille).
Où couper exactement
Jamais au hasard ! Je cherche toujours une branche secondaire bien placée, qui fait au moins la moitié de l’épaisseur de celle que je supprime. Cette petite branche va prendre le relais et devenir la nouvelle pousse principale.
L’angle de coupe ? Légèrement incliné pour éviter que l’eau stagne. Et surtout, couper proprement ! Une scie bien affûtée, jamais de sécateur sur les grosses branches.
Pour les très grosses branches (plus de 8 cm), j’utilise ma technique en trois temps apprise lors d’un stage d’élagage : une entaille par-dessous à 30 cm du point final, puis la coupe définitive par-dessus. Ça évite que l’écorce s’arrache.
Les gestes qui sauvent
Sitôt la coupe faite, mastic ! Pas le temps de traîner. J’ai toujours mon pot dans la brouette quand je taille.
Les grosses plaies, je les surveille pendant des mois. La moindre coulée de gomme et j’interviens avec de la bouillie bordelaise.
Mes astuces selon l’âge de l’arbre
Un jeune cerisier de 8-10 ans ? Il encaisse mieux les grosses coupes. Mes vieux arbres de 25 ans et plus, je les ménage davantage. Plusieurs petites interventions valent mieux qu’une grosse.
L’état général compte énormément. Un arbre déjà fatigué par les pucerons ou la moniliose ne supportera pas qu’on lui en rajoute.
Ce que je fais plutôt que d’attendre le problème
Sur les jeunes pousses vigoureuses, j’attache des poids ou je les arque avec de la ficelle. Ça limite naturellement leur élan vertical. Simple et efficace.
Mes nouveaux cerisiers ? Je les prends sur Gisela 5 maintenant. Ce porte-greffe les maintient à 3-4 mètres maximum. Plus jamais de problème de hauteur !
Le bilan de mes expériences
Tous mes cerisiers traités avec cette méthode se portent bien. Le fameux bigarreau de 8 mètres produit toujours autant à 5 mètres de haut, depuis dix ans maintenant.
Seul « problème » : les gourmands qui repoussent vigoureusement la première année. Mais avec un petit élagage d’été, ça se maîtrise facilement.
Au final, mieux vaut un cerisier à taille humaine qu’un géant dont on ne peut pas profiter des fruits.
